Suivi et post-récolte des producteurs pour la culture du soja
Suivi et post-récolte des producteurs pour la culture du soja dans la commune d’Agou 1 : Focus sur Diguicopé, Kati et Avegamé
Suivi et post-récolte des producteurs pour la culture du soja dans la commune d’Agou 1 : Focus sur Diguicopé, Kati et Avegamé
Par Technicien
Agricole : DANDJESSO Kokouvi Salomon,
Société Internationale de Consultance Agricole (SICA)
La culture
du soja occupe une place croissante dans la commune d’Agou 1, notamment dans
les localités de Diguicopé, Kati et Avegamé, où les
producteurs se tournent vers cette spéculation à fort potentiel économique.
Grâce à la demande en hausse sur les marchés locaux et régionaux, le soja
devient une culture stratégique pour l’amélioration des revenus agricoles.
Dans ce contexte, le suivi rapproché des producteurs et la maîtrise des
techniques post-récolte constituent des leviers essentiels pour assurer de
bons rendements et garantir la qualité du produit.
1. Suivi de la culture du soja : un appui technique essentiel
Le suivi technique mis en place vise à assurer une conduite optimale des parcelles de soja, depuis la préparation du sol jusqu’à la maturation des gousses.
a. Préparation du sol et mise en place de la culture
Les producteurs de Diguicopé, Kati et Avegamé bénéficient d’un accompagnement sur :
- le labour léger et le billonnage en fonction du type de sol,
- la gestion du taux de matière organique,
- le choix de variétés adaptées et productives (TGX ou variétés améliorées locales),
- la réalisation d’un semis en lignes pour faciliter l’entretien et augmenter la densité optimale.
Des rappels fréquents sont faits concernant les espacements (40–50 cm entre lignes), permettant une meilleure aération des plants et une réduction des maladies.
b. Entretien des parcelles et fertilisation raisonnée
Le soja, en tant que légumineuse, fixe l’azote atmosphérique. Ainsi, les conseils techniques portent sur :
- la gestion des mauvaises herbes par sarclages précoces,
- l’introduction progressive de biofertilisants et d’inoculants pour améliorer la nodulation.
Ces pratiques montrent des impacts positifs sur les rendements observés chez plusieurs producteurs accompagnés.
c. Suivi phytosanitaire et gestion intégrée des ravageurs
Afin de réduire les pertes sur les parcelles, des visites régulières permettent de détecter rapidement :
- les chenilles attaquant les feuilles,
- les maladies fongiques,
- les pourritures des gousses liées à l’humidité,
- les parasites nocturnes.
Les stratégies proposées combinent rotation culturale, bonnes pratiques et, si nécessaire, des traitements ciblés respectant les normes de sécurité alimentaire.
2. Post-récolte du soja : garantir la qualité et réduire les pertes
Le soja est une culture sensible aux mauvaises pratiques de récolte et de conservation. Une meilleure maîtrise de la post-récolte permet d'améliorer la qualité marchande du grain et d’augmenter les revenus des producteurs.
a. Récolte au bon stade de maturité
Les techniciens veillent à sensibiliser les producteurs sur :
- la récolte lorsque 85 à 90 % des gousses sont sèches,
- l’évitement de la récolte sous la pluie,
- l'utilisation de sacs propres et secs pendant la collecte.
Ces bonnes pratiques limitent les risques de moisissures et de pertes par éclatement.
b. Battage, tri et séchage améliorés
Après la récolte, les producteurs effectuent :
- un battage sur bâches propres pour éviter les mélanges de terre,
- un tri rigoureux afin d'éliminer les grains tachés ou immatures,
- un séchage progressif jusqu’à atteindre 12–13 % d’humidité, garant d’une bonne conservation.
L’introduction d’hygromètres manuels dans certains groupements permet désormais de vérifier le taux d’humidité, réduisant les risques de fermentation.
c. Stockage sûr et durable
Pour protéger le soja contre l’humidité et les insectes, les producteurs adoptent progressivement :
- les sacs hermétiques PICS,
- les hangars et magasins ventilés,
- les palettes en bois ou en ciment pour éviter tout contact direct avec le sol.
La qualité du soja ainsi stocké répond mieux aux exigences des acheteurs.
3. Commercialisation : un marché dynamique et porteur
Le soja bénéficie d’une forte demande, notamment de la part :
- des industries d’aliments pour bétail,
- des unités de transformation (huile, tourteaux),
- des acheteurs nationaux et sous-régionaux.
Pour mieux tirer profit de ce marché en expansion, les producteurs de Diguicopé, Kati et Avegamé se regroupent de plus en plus pour :
- vendre leurs produits de manière collective,
- négocier des prix plus avantageux,
- réduire les coûts logistiques.
Ces stratégies renforcent leur pouvoir de négociation et stabilisent leurs revenus.
4. Défis et perspectives pour la filière soja
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs contraintes demeurent :
- manque d’équipements de séchage modernes,
- accès limité aux sacs hermétiques,
- fluctuations des prix d’achat,
- difficulté d’accès aux crédits agricoles.
Perspectives proposées par la Société Internationale de Consultance Agricole (SICA)
Pour renforcer durablement la filière, la SICA prévoit :
- d’organiser davantage de formations sur la qualité post-récolte,
- d’appuyer la création de centres de collecte équipés,
- de renforcer les capacités des groupements sur la négociation commerciale,
- de développer des partenariats avec les industries de transformation.
Conclusion
Dans la
commune d’Agou 1, et particulièrement à Diguicopé, Kati et Avegamé,
la culture du soja constitue une véritable opportunité économique pour les
producteurs.
Grâce à un suivi technique soutenu et à une amélioration progressive des
techniques post-récolte, la qualité du soja ne cesse de s’améliorer, permettant
aux producteurs d’accéder à de meilleurs marchés.
Avec l’appui de la Société Internationale de Consultance Agricole (SICA),
la filière soja dans Agou 1 dispose aujourd’hui d’un potentiel considérable
pour se structurer davantage et devenir un moteur de croissance agricole
locale.
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